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RMBS: Témoignages de blessés et de leur parrain !

juillet 2018 - Bourges

La 7e édition des Rencontres militaires blessures et sports (RMBS) s'est déroulée du 3 au 23 juin 2018 à Aubigny-sur-Nère et à Bourges (Cher). Cette année, 80 participants provenant des trois armées, du service de santé des armées et de la gendarmerie nationale étaient inscrits pour suivre un stage multisports.

 

Témoignages de 3 d'entre eux et de M. Denis Brogniart, parrain des blessés militaires depuis 4 ans.

 

Jean-Pierre

J’intervenais comme technicien d’investigation criminelle dans la Gendarmerie mais j’ai fait un burn-out. Un responsable du département blessés de la Gendarmerie m’a contacté et j’ai eu l'occasion faire un stage d’équitation adaptée d’une semaine au CNSD. J’ai fait ce stage dans une excellente ambiance, je n’en avais jamais fait avant. Puis on m’a conseillé le challenge multi-sports Ad Victoriam du CNSD, challenge ludique participatif. J’ai fait la connaissance d’autres blessés, j’ai vu qu’il y avait un super esprit d’équipe. J’ai reçu un document me disant que j’étais 3ème : autant faire le challenge suivant ! Je suis en train de me relever grâce à ces stages motivants.

 

Rose-Marie

Je suis suivie pour un syndrome de stress post-traumatique. Deux choses m’ont décidé à faire les RMBS : j’ai vu que Jean-Pierre, un autre blessé, rencontré lors d’un stage d’équitation adaptée au CNSD, le faisait aussi. Et puis quand j’ai fait de l’équitation adaptée à la section équestre à Metz avec d’autres blessés, l’un d’entre eux m’a fait l’éloge des RMBS. Toutes les activités de ce stage sont bien adaptées, le Mölkky était parfait pour entamer la discussion, pour apprendre à se connaître, d'autres sont plus physiques pour se re-découvrir. J’ai demandé à reprendre le travail, ça va être un gros changement pour moi. Je vais sûrement aussi me lancer dans le challenge Ad Victoriam, pourquoi pas ?

 

Amaury

J’étais élève au sein d’une grande école militaire. J’ai eu un grave accident de la route en stage de fin d’études à l’étranger, à un mois de mon diplôme. Après avoir été suivi à l’Hôpital d'instruction des armées Percy, j’ai fait les RMBS en tant que grand blessé l’an dernier et j’ai trouvé ça super, cela m’a aidé dans ma reconstruction. J’avais envie de les refaire cette année car depuis j’ai progressé : l’an dernier je n’avais pas encore vraiment retrouvé la faculté de m’exprimer pour échanger avec les autres blessés. Je souhaite rester au sein du ministère des Armées comme civil de la Défense, différentes spécialités m’intéressent : photographe ou informaticien par exemple. J’ai ainsi fait un stage pour voir les possibilités qui s’offrent à moi...

 

Interview de Denis Brogniart

 

Vous êtes le parrain des blessés militaires, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Denis Brogniart : « La Cellule d’aide des blessés de l’armée de Terre (CABAT) m’a contacté pour devenir le parrain des blessés militaires et ça a été un grand honneur pour moi d’accepter ce rôle. J’ai toujours aimé l’armée, j’ai toujours trouvé que c’était une belle vocation et je pense que si je n’avais pas été journaliste, j’aurais pu me diriger vers ces métiers. J’ai beaucoup de respect pour les soldats, c’est pourquoi j’ai accepté cette proposition avec reconnaissance. Depuis 4 ans, je suis amené à rencontrer des blessés à Paris, aux Invalides, au CNSD lors de leur préparation aux Invictus Games ou venir chaque année aux RMBS pour rencontrer des blessés physiques et psychiques ».

 

Avez-vous un mot à dire aux blessés militaires sur le sport et les RMBS dans une perspective de reconstruction ?

DB: « J’ai toujours cru aux vertus du sport pour se reconstruire quel que soit le domaine : le sport est essentiel. Il permet de se retrouver physiquement, de retrouver son intégrité et un mental. C’est bon pour les muscles, mais aussi pour la tête. C’est pour ça que le sport me paraît être un des vecteurs de base pour une bonne reconstruction. »

 

Vous êtes d’ailleurs allé rendre visite aux athlètes des Invictus Games au CNSD avant leur départ à Toronto l’an dernier.

DB: « Qui dit sport dit compétition, lutte, envie d’améliorer ses chronos, de gagner ! On peut avoir une jambe en moins, on peut avoir des troubles psychiques dus à ce qu’on a pu vivre sur des théâtres d’opération, on peut être handicapé mais avoir des ressources insoupçonnées et envie de se mesurer à des personnes dans la même situation. Les Invictus Games c’est génial parce que ça permet de donner un but, un sens à cet entraînement, à sa vie et de retrouver la vie trépidante et pleine d’objectifs qui fait la carrière d’un militaire. C’est une renaissance pour les militaires.

 

Les RMBS sont présentés comme le début de ce processus, quels sont leurs points forts selon vous ?

DB: « Les RMBS ont deux vertus très importantes : la découverte de sports nouveaux, pour mettre ou remettre le pied à l’étrier, et le groupe, l’ensemble, que les blessés se retrouvent avec le personnel médical et sportif des armées dans une structure adaptée et qu’ils puissent discuter entre eux. Ensemble ils peuvent se motiver et trouver la volonté de repartir, de se relancer dans la vie. »

 

Vous êtes leur parrain depuis 4 ans, qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

DB « Je prends beaucoup de plaisir à discuter avec les blessés sur les RMBS depuis 4 ans car ce sont des hommes et des femmes qui ont des histoires incroyables et grâce à la confiance réciproque on échange beaucoup. J’essaie à mon niveau de leur apporter motivation et confiance en eux. C’est le plus important dans la vie : si tu as confiance en toi, tu peux soulever des montagnes. Quand je repars d’ici, j’ai un optimisme et une énergie qu’ils m’ont apporté par ce qu’ils vivent, ce qu’ils reconstruisent, c’est fort... »

 

Propos recueillis par Mme Léa Gebuhrer, stagiaire au CNSD